Sandor Ferenczi

Lorsqu’au détour d’une conversation, il est question de psychanalyse, bien souvent, c’est à Freud que l’on pense, parfois à Lacan. Mais saviez-vous que d’autres psychanalystes ont fait évoluer la psychanalyse et ont grandement contribué à son développement tant du point de vue théorique que clinique ? Aujourd’hui, je vous propose d’aller à la rencontre de l’un d’entre eux : Sandor Ferenczi.

QUI EST SANDOR FERENCZI ?

Sandor Ferenczi, est un psychanalyste hongrois né en 1873 et mort en 1933. Il fut considéré comme l’enfant terrible de la psychanalyse pour avoir été audacieux dans son approche théorique et innové dans sa pratique, ce qui lui vaudra d’être rejeté par l’Association Psychanalytique Internationale.
Freud est le père de la psychanalyse et Ferenczi aimerait être son seul héritier, mais les choses ne vont pas se passer comme cela : Freud n’approuvera pas la conception du trauma, encore moins l’analyse du contre-transfert, et n’entendra rien à la théorie de l’introjection que propose Ferenczi.

LE TRAUMA

Le trauma ou traumatisme est un événement de la vie du sujet particulièrement intense, auquel le sujet en question est incapable de répondre adéquatement, qui bouleverse et a des effets pathogènes durables sur l’organisation psychique. La problématique du trauma réside dans le fait que l’on ne sait s’il s’agit d’un événement réel ou d’un fantasme. C’est d’ailleurs ce qui poussera Freud à se désintéresser du trauma et lui vaudra un désaccord avec Ferenczi.
Ferenczi reprendra les recherches sur le trauma qu’il considère comme provenant bien souvent d’un événement réel et toujours d’ordre sexuel. Il s’agit d’un choc remontant à la petite enfance qui provoque un éclatement de la personnalité, ce qu’il appelle une « psychose passagère ». À la suite de ce choc, l’enfant va devenir soit l’infirmier, le psy de ses parents, soit son propre médecin, une partie de sa personnalité clivée maternant l’autre. Si le traumatisme est de l’ordre de la maltraitance, l’enfant adoptera la stratégie de l’introjection.

L’INTROJECTION

C’est un concept conçu par symétrie avec celui de projection. Dans le processus de projection, le sujet va expulser hors de lui ses investissements libidinaux, par exemple, le paranoïaque va projeter dans le monde extérieur l’amour ou la haine qu’il nie en lui-même. Dans celui d’introjection, le sujet va placer en lui les investissements libidinaux du monde extérieur, par exemple, le nourrisson ne va pas aimé la mère réelle extérieure à lui, mais une mère fantasmée, hallucinée et intériorisée.

LE CONTRE-TRANSFERT

Avec Freud et Jung, Ferenczi pratiquera l’analyse mutuelle des rêves. Il reprochera aux psychanalystes de son époque de refuser l’analyse du transfert négatif et de se cacher derrière les résistances. L’analyse du contre-transfert est pour lui très importante, il s’agit de dépasser les résistances de l’analyste en faisant état de l’ensemble de ses réactions inconscientes face au transfert de son patient. Ferenczi ira jusqu’à faire part de son contre-transfert à ses patients.

Ferenczi a apporté beaucoup de choses à la psychanalyse tant du point de vue théorique que du point de vue clinique. Il était particulièrement attaché à faire preuve d’honnêteté envers ses patients et adaptait ses techniques en fonction de chacun. Il utilisera des techniques de relaxation et emploiera pour des cas bien particuliers, la technique active, assez directive, consistant à inciter le patient à affronter son symptôme. Ferenczi était un véritable explorateur de l’inconscient et la psychanalyse d’aujourd’hui lui doit un travail fondamental sur le trauma.

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