La névrose des vacances

Les vacances, la plupart d’entre nous les désirent grandement, les attendent avec impatience et en profitent pleinement quand elles arrivent enfin. Les congés sont un moment où l’inactivité prévaut et avec elle, la détente, le relâchement, le retour sur soi, la solitude, l’ennui, le vide. Mais certains les appréhendent, les vivent très mal, voire n’en prennent jamais.

Les vacances nous procurent une récupération psychique : nous nous sentons libérés des contraintes du quotidiens. Cette libération est une libération interne. Cela signifie que nos pulsions qui étaient réprimées au fond de nous-mêmes, sont à nouveau libres de s’exprimer. La censure extérieure du quotidien s’efface et avec elle, la censure de l’intérieur de notre être, de notre psychisme. Beaucoup d’individus sont heureux de pouvoir laisser place à leurs désirs et de laisser de côté leurs contraintes journalières. D’autres, en revanche, souffrent d’une névrose de vacances.

Sandor Ferenczi nous dit que

Les personnes atteintes de ces troubles souffrent toujours, pendant leurs grandes vacances ou leurs congés, d’états psychiques plus ou moins pénibles. Outre les « petites hystéries » que je viens d’évoquer plus haut, constatons que leur humeur se modifie étrangement. Je pense notamment ici à un certain ennui, rempli d’une certaine tension, en elle-même très fatigante, et telle qu’elle empêche soit la personne de pouvoir se distraire, soit de travailler.

Derrière l’ennui, se cachent des désirs insatisfaits, inhibés, prêts à surgir. C’est pourquoi, bien souvent, l’ennui s’accompagne d’une certaine honte, celle ne de pas savoir quoi faire ou de ne pas profiter de ses vacances, celle surtout d’avoir à dévoiler ses véritables de désirs. La mauvaise conscience de ne rien faire, les symptômes hystériques d’autopunition (somatisation) font leur apparition.

Craindre les vacances et l’ennui qui l’accompagne, c’est craindre ses propres désirs, ceux que n’entrave aucune contrainte quotidienne. Il ne tient qu’à chacun de ne plus avoir peur de ses insatisfactions et de s’ autoriser à libérer ses tensions internes, au risque de se révéler à soi-même et d’être davantage à l’écoute de soi.

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