Les topiques – Vidéo

Vous savez qu’en psychanalyse, il est question d’inconscient. Vous avez très certainement déjà entendu parler du moi, du ça et du surmoi. Mais peut-être que cela reste assez vague ou demande à être éclairci ? Peut-être ignorez-vous que Freud a mis au point une sorte de carte de ces concepts afin de mieux voyager sur les terres de la psychanalyse ? Cette cartographie, ce sont les topiques. Mais qu’est-ce que les topiques ? C’est ce que nous allons explorer ensemble. Ainsi vous pourrez par la suite mieux vous orienter à travers les différents concepts psychanalytiques.

Dans quel contexte scientifique est née l’hypothèse de Freud de l’existence d’une topique psychique ? Quatre théories de la fin du 20ème siècle ont fait réfléchir et ont motivé Freud à élaborer ses topiques.

  • La théorie anatomo-physiologique du cerveau qui proposait des schémas anatomiques – que Freud trouvait particulièrement compliqués – établissant des connexions entre des localisations cérébrales et les fonctions du corps ou les représentations mentales.
  • En psychopathologie, l’idée que des comportements, des représentations ou des souvenirs ne sont pas constamment à la disposition du sujet mais se rapportent à des groupes psychiques différents, s’impose.
  • La théorie de Breuer, psychiatre avec qui il a coécrit L’étude sur l’hystérie, qui explique qu’une partie de l’appareil psychique ne peut à la fois percevoir et conserver une trace des excitations du corps.
  • Enfin la théorie de Fechner sur l’étude des rêves, établissant que ces derniers ne sont pas un prolongement de ce qui se passe autour du dormeur, mais bien la représentation d’une autre scène.

Mais qu’est-ce qu’une topique ? C’est une théorie qui suppose la différenciation de l’appareil psychique en un certain nombre de systèmes doués de fonctions ou de caractères propres à chacun et disposés dans un ordre les uns par rapport aux autres. Ce sont donc des lieux psychiques dont on peut donner une représentation spatiale. Il y a deux topiques freudiennes : une première topique différenciant le Conscient, le Préconscient et l’Inconscient ; une deuxième topique distinguant les trois instances que sont le ça, le moi et le surmoi.

C’est dans son ouvrage L’interprétation du rêve que Freud présente sa première topique. Elle est constituée de trois systèmes : le Conscient, le Préconscient et l’Inconscient. Chacun ont leur fonction, leur type de processus, leur énergie d’investissement. Entre ces systèmes, il y a des frontières ou censures qui ont pour mission d’inhiber ou de contrôler le passage de l’un à l’autre.

Le conscient est ouvert sur les situations actuelles et reçoit les perceptions du monde extérieur.

L’inconscient est le lieu des représentations refoulées. Il se caractérise par :

  • son intemporalité : il ne connaît pas le temps, tout y est actuel et donc ignore la mort
  • son absence de contradiction : il ne connaît pas la contradiction, il ignore tout jugement
  • son processus primaire : il associe les éléments qui se ressemblent sans chronologie, ce qui implique une mobilité des investissements (déplacement et condensation)
  • sa capacité de se substituer à la réalité extérieure : il se soumet au principe de plaisir.

Le préconscient est une sorte de sas de sécurité entre le conscient et l’inconscient. Dans le sens conscient-inconscient, il va filtrer les perceptions, les représentations extérieures et envoyer certaines dans l’inconscient. Dans le sens inverse, Inconscient-conscient, le préconscient se chargera non seulement de filtrer les perceptions internes du sujet, mais aussi les représentations refoulées trop amassées dans l’inconscient.

L’inconscient n’est pas seulement le lieu des représentations refoulées, il est aussi l’origine de toute réalité psychique. La deuxième topique fait son apparition dès 1920. Cette topique est constituée de trois instances : le ça, le moi et le surmoi. Le ça est le pôle pulsionnel de la personnalité. Le moi sera le représentant des intérêts de la totalité de la personne et sera investit de la libido narcissique. Le surmoi est cette partie qui juge et critique, l’intériorisation des exigences et des interdits parentaux et culturels, à l’origine de la conscience morale.

Cette deuxième topique permet de comprendre davantage comment se construit la personnalité d’un sujet et de quelle façon le psychanalyste peut l’aider à retrouver un équilibre à la fois dans les processus liés à la première topique et dans les interactions entre les différentes instances de la deuxième topique.

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