Votre psychanalyste part en vacances

Si un patient suit un travail analytique depuis plusieurs mois, il arrive bien souvent qu’il soit confronté au départ en vacances de son psychanalyste. Que vit alors le patient à l’annonce de l’absence de son thérapeute ? Comment gérer cette absence ? Quels sont les aspects positifs des vacances de son thérapeute ? Comment sont payées les séances pendant les congés ? Quand le psychanalyste part en congés, les patients qu’il suit se retrouvent seuls avec eux-mêmes et certains ont peur d’être submergés par leurs sentiments, leurs émotions, leurs pulsions. En effet, le processus analytique induit une ouverture de l’inconscient et sur le refoulé. Certains patients ressentent une vive angoisse d’avoir à gérer seuls ce refoulé, craignent de ne pas être suffisamment armés pour faire face à lui. Par ailleurs, cette absence du psychanalyste peut être vécue par l’analysant comme une séparation douloureuse, un abandon. Le patient revit alors une séparation traumatisante comme une séparation précoce avec la mère, la perte d’un proche, comme un rejet ou un sentiment d’abandon. Afin d’atténuer les effets négatifs sur ses patients, le psychanalyste pourra anticiper l’annonce de son départ quelques séances avant le début de ses congés. Ce sera ainsi l’occasion pour le patient d’en parler en séance s’il en ressent le besoin. Le thérapeute pourra aussi proposer à certains patients particulièrement angoissés par ces vacances d’emporter un objet du cabinet qui fera alors office d’objet transitionnel, sorte de doudou qui symbolise la continuité du lien thérapeutique en l’absence du psychanalyste. Le psychanalyste pourra aussi proposer à ces patients inquiets de se retrouver seuls de se donner rendez-vous avec eux-mêmes afin de poser par écrit ou sous la forme de dessin leurs ressentis. Enfin, pour certains patients, le thérapeute pourra confier son numéro de téléphone en cas de crise importante et urgente. L’absence du thérapeute aura des effets positifs sur ses patients. Ce sera dans un premier temps l’occasion pour eux d’être confrontés à leur autonomie. Ils pourront apprécier leur capacité à gérer seuls leurs émotions et leurs relations aux autres, bien souvent familiales. Ils pourront ainsi constater leur évolution et grandir de cette expérience qui sera un bon matériau sur lequel travailler au retour du thérapeute. Ce sera aussi pour eux le temps de faire le point sur leur désir d’analyse. Peut-être s’apercevront-ils qu’ils n’ont plus autant besoin de continuer le travail analytique et qu’il est temps pour eux de mettre fin à la cure. Qu’en est-il du paiement des séances pendant les congés ? Si cette absence est du fait du thérapeute, alors les séances ne sont pas dues. En revanche, certains psychanalystes demandent que les séances soient payées si c’est leur patient qui prend des congés. Cette pratique est tout à fait légitime dans la mesure où l’analyse continue quand le patient est absent et que le psychanalyste continue de donner son espace psychique à son patient même en l’absence de ce dernier (le thérapeute ne donnera pas de rendez-vous à un autre patient à l’heure de rendez-vous habituelle du patient absent). Si les vacances du psychanalyste peuvent s’avérer traumatisantes pour certains patients, elle peuvent être réellement structurantes pour d’autres. Il peut être nécessaire pour le thérapeute de veiller à anticiper son absence et à rappeler le cadre. Et vous, comment vivez-vous le départ en congés de votre thérapeute ?

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